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CULTURE

“Tintin et l’art classique : Partie 3”

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La Gazette des Neurchis - Juillet 2021

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La trend Tintin-art classique : création communautaire et mouvement artistique

 

 

Pour cette 3ème partie consacrée à la trend artistique sur Neurchibald de Tintin nous allons observer l'ouverture de la trend vers les mouvements d’avant-garde du début du XXe siècle. En effet, en excluant une ouverture vers la propagande russe nous nous sommes arrêtés au Symbolisme qui a lieu durant une période située entre la fin du XIXe et le début du XXe. 

Pour nous replacer dans le contexte artistique français de l’époque : trente ans plus tôt, l'impressionnisme s'est imposé face au carcan esthétique prôné par l’académie. Mais à la fin du  XIXe siècle il est devenu la norme et nombre d'artistes vont alors chercher à aller encore au-delà et ce en prenant différentes voies. C’est ce que l’on  a nommé a posteriori le post-impressionnisme. On peut notamment citer Van Gogh et Gauguin qui  furent utilisés dans la trend.

 

Ici “La Chambre de Van Gogh à Arles” tableau de 1888 utilisé par Amaury de Lamartine.

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Ou ici Antoine Blanchet qui réutilise le tableau “Arearea” (1892) de Gauguin.

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Très logiquement la trend se poursuit alors sur les mouvements d’avant-gardes qui partout en Europe tentent de dynamiter une fois de plus les codes de l’art. Encore aujourd’hui la majeure partie des formes d’art moderne découle de cette période qui dure approximativement de 1900 à 1925.

Durant tout le XXe siècle l’épicentre de l’art européen se situe à Paris où tous les nouveaux mouvements sont lancés et popularisés . Mais avec les Avant-Gardes si Paris reste la place majeur de l’art mondial (et le restera jusqu’en 1940) on observe de nombreux mouvements d’importance prenant place presque exclusivement dans un pays donné - généralement en lien avec sa culture et les transformations de cette période charnière. On retrouve par exemple l'expressionnisme allemand qui va chercher à transcrire formellement les émotions/caractères/sentiments. Ainsi Paul Cazals va utiliser Egon Schiele qui est connu pour ses portraits torturés et plus particulièrement son: “Autoportrait à la chemise rayé” de 1906. 

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En 1909 le poète Filippo Marinetti publie son: “Manifeste du Futurisme”, dans lequel il développe son idée d’une esthétique en accord avec la modernité. La machine, l’industrie et la vitesse se substituent aux motifs traditionnels de la nature, du corps et du bâti ancien. En ce sens, il prend à contre pied le romantisme du XIXe et l’art nouveau qui rencontre encore un grand succès à la même période. Pierre Pillet utilisera d'ailleurs l’art nouveau et notamment Mucha dans cette trend.

Le mouvement sera suivi par de nombreux peintres et sculpteurs italiens, ils essaieront tous de capter par des rendus graphiques l’idée de mouvement et de modernité. Pour ce faire ils utiliseront les enseignements de la chronophotographie qui décompose les mouvements en multiples frames qui se suivent. C’est ce procédé qu’utilisera Giacomo Balla dans son “Dynamisme d’un chien en laisse” de 1912. Nicolas Boucher reprend à son compte cette toile pour y mettre Milou.

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Quelques années plus tôt, en 1907, Picasso et Braque mettent au point une remise en cause majeure de la forme et du dessin dans l’art en créant le Cubisme. Celui-ci se propose d’envisager le monde aux travers de formes géométriques imbriquées. Elles sont pour eux un moyen de questionner les formes et notre rapport à l'espace. Ainsi, en créant des perspectives impossibles dans la nature, il devient possible de créer de nouvelles figures expressives de nouvelles compositions. Il est important pour comprendre leur forme et leur rôle de connaitre l’impact de la découverte des premiers masques traditionnels africains importés en Europe à cette époque-ci et que Picasso collectionnait.

Il est amusant de constater que Hergé parodie le Cubisme dans un tableau présent en décors d’un intérieur dans un des albums de Tintin. Jean Thropocène reprendra ce clin d'œil pour l’inclure dans le fameux Guernica (1937) de Picasso. La boucle est bouclée. 

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Pour finir cette exploration très succincte des Avant-Gardes on peut évoquer l'avènement du surréalisme qui reprend une figuration pour mieux questionner notre rapport aux réels. Les scènes représentées qui semblent alors sans fondement et impossibles permettent au contraire de former des métaphores et des analogies à travers des associations d’éléments qui, a priori, semblent sans lien. Cette association d’éléments peut également se faire en utilisant un hasard volontaire qui permettra alors aux spectateurs de ressentir des émotions et des réflexions qui n’auraient pas forcément pu être amenées pas un processus conscient de l’artiste. Constantin utilisera ce procédé avec des figures de Tintin dans sa série sur l’oeuvre de Magritte.

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Nous nous retrouverons finalement dans une 4e et dernière partie traitant de l'élargissement de la trend a d’autres médiums dans la prochaine édition.

Vincent Ineichen.

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