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ETUDE

La publicité au sein du Neurchi

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La Gazette des Neurchis - Édition de Mai 2022

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La publicité est le liseron envahissant et insidieux qui s’immisce dans nos jardins sociaux fleuris, s’étirant à perte de vue et n’épargnant aucun secteur.

Sans parler des médias traditionnels où la publicité a su se faire une place en béton armé, où elle est devenue une part intégrante et incontournable comme la télévision, la radio, les journaux papiers, elle sait s’accaparer des plateformes moins conventionnelles.

Si la publicité sur internet nous semble normale et acquise de nos jours, il était impensable à l’aube d’internet d’y incorporer quelque publicité de la sorte, interne ou externe, et pourtant, nous y voici.

Elle revêt bien des formes, la publicité pour des marques, entreprises privées, contenus similaires, produits ou services.

Et les neurchis ne sont pas épargnés par la publicité, sous des formes diverses et variées. L’aviez-vous remarqué ?

Partie I : Autopsie du liseron publicitaire

 

Connaissez-vous le liseron ? Cette plante rampante, grimpante, envahissante, dont une seule de ses graines permet, une année plus tard, de faire pousser des dizaines de plantes.

Laissez s’égarer une petite graine dans votre jardin, dans un champ, et vous voilà propriétaire de monceaux de liserons. Mais, c’est une belle plante, attirante, avec de belles fleurs, dont aux premiers abords, lorsqu’elle est encore jeune et ne nous envahit pas trop, est presque tentante, pourquoi vouloir l’enlever ?

La publicité est de ces plantes qui, lorsque l’on détourne la tête un peu trop longtemps, prolifère sans que l’on puisse s’en débarrasser.

Si vous avez connu YouTube à sa création, à l’époque où seuls des clips de musique tournaient, vous regrettez ce moment où il n’y avait pas de pubs sur les vidéos, vous avez sûrement connu le passage où sont apparues les bandes publicitaires sur les côtés et en bas de page, rien de très gênant au final. Ces publicités silencieuses disparaissaient une fois la vidéo en plein écran, une pollution visuelle minime.

Et un jour sont apparues les publicités dans la vidéo, d’abord un petit encart silencieux qui pouvait se fermer rapidement dans la vidéo elle-même, puis une publicité vidéo, avant la vôtre, que l’on pouvait passer rapidement.

Puis, une publicité à la fin.

Puis, une publicité au milieu.

Puis, une publicité que l’on ne peut passer, mais elle dure cinq secondes, donc c’est acceptable me diriez-vous.

Puis, deux publicités à la suite, que l’on ne peut passer, c’est embêtant.

Puis, deux publicité à la suite, au début de la vidéo, puis au milieu, et là c’en est trop.

 

Le liseron est installé, il est trop tard l’on ne peut s’en débarrasser. Mais loin de là le jugement hâtif, cette source de revenue est primordiale à la gratuité et au bon fonctionnement du site, à la rémunération des créateurs. Mais, tant va la cruche à l’eau, qu’elle se casse.

Je vous entends déjà me dire ; « C’est YouTube, un géant de l’Internet, mais nos neurchis à nous, il n’y a pas de publicité, voyons. »

Que penser alors des commentaires laissés sous les publications, vantant le mérite de tel produit ou service ? Nous pouvons tout à fait donner notre avis sans être pour autant faire l’apologie dudit produit et en faire une publicité consciente ou inconsciente, et c’est un fait souvent oublié. Nonobstant ces quelques commentaires purement innocents, nombre d’entre eux sont une publicité ouverte, à une échelle certes minime, mais qui en est la première graine de ce liseron si cher à nos médias.

Passons outre les commentaires pour nous concentrer sur les posts en eux-mêmes. Deux types de posts sont utilisés par les publicitaires, les influenceurs ou les béotiens de l’entreprenariat ;

Le post classique, où un membre du neurchi va, sans vergogne, vendre son service ou produit dans un neurchi au thème similaire, dans le but de faire parler de ce qu’il a vendre et d’attirer des clients. Cependant, ce type ne post ne fonctionne que dans des neurchis où la modération laisse à désirer et où le filtre n’est pas présent, et ainsi se noient les membres dans les publicités, shitposts et autres spams infernaux.

Le post couplé est plus technique, un membre complice va poser une question sur un neurchi, sommes toutes assez innocente, et l’un de ses collègues, ou même un second compte, va accourir pour lui vanter les mérites de son produit ou service pour répondre à sa question. Action défendable dans le sens où le membre va plaider l’aide à l’autrui plutôt qu’une publicité.

Soit, il n’est pas dit que son produit ou service soit une arnaque, et peut bien entendu plaire et aider un bon nombre de membres. Nous n’accusons pas ici le fond ou la forme de la publicité, elles peuvent être d’utilité publique, mais la prolifération de celle-ci.

La redondance d’une même publicité, couplée à la redondance de dizaines d’autres, est tel un jour sans fin dont nous revoyons, las, sans relâchement, les mêmes publicités jusqu’à l’épuisement.

 

Vient aussi la publicité par les messages privés ; Le publicitaire vient contacter les membres par message privés qui s’intéressent à une publication ayant un lien plus ou moins fort avec ce qu’il souhaite vendre, voire contacter l’intégralité des membres si celui-ci est assez courageux. Cette technique n’aboutit pas sur tous les membres, mais lorsqu’un curieux ou une curieuse vient s’intéresser à ce mystérieux personnage venu en message privé, les taux de réussite sont bien plus importants, car ce n’est ni une annonce, ni un vague post, mais une personne venue nous parler.

L’heure des représentants au porte-à-porte est révolue, et si celle-ci était l’âge d’or des entreprises à son lancement, les maîtres de maisons déchantaient rapidement à la vue du dixième représentant de la journée.

Aujourd’hui, nous sommes encore au début du matraquage par message privé, aussi certains lisent encore ces MP d’inconnus qui partagent bien des points communs, jusqu’au jour où nous claquerons la porte à ces vendeurs de brosses et ils seront ainsi obligés de trouver d’autres moyens.

Nulle inquiétude à avoir à leur sujet, ils trouveront bien un moyen.

 

Nous pouvons aussi nous attarder brièvement sur le piratage de groupes et pages, ou le piratage de compte administrateur, dans le but de publier via les modadmins divers posts publicitaires. Cette technique a le mérite de fonctionner si trois conditions sont réunies :

  • Que le post soit en thème direct avec le neurchi (Exclusion de la vente de cigarette électronique sur un neurchi d’asthme)

  • Si le post est cohérent (Exclusion donc de la pornographie russe sous-titrée coréenne venue de nulle part sur un neurchi sur les poulies)

  • Si le nombre de publication est modéré (Exclusion donc de la publication de vingt-trois posts à trois heures du matin)

Souvent vite démantelé si la modération est vigilante, les premières publications peuvent fonctionner, avec un ancrage mental couplé avec le nombre imposant de publications que nous voyons chaque jour.

 

Partie II : De la Publicité à la Félicité, il n’y a qu’un pub

 

La publicité peut-elle nous restreindre et limiter notre épanouissement sur internet ? Voilà une vaste question que nous n’aborderont qu’en surface.

Le spam est, par définition, coercitif et tend à nous indisposer, à un point tel qu’un certain panel d’utilisateur cède.  Pour la plupart cependant, les deux réactions communes l’exaspération et la résignation, généralement dans cet ordre-ci.

Nous survolerons rapidement ici les spams pour des produits illicites ou pour des échanges vidéos peu recommandables, mais notons tout de même que des personnes achètent des bots ou créent des dizaines de compte, se font accepter au sein des neurchis, pour y répandre comme la chienlit leurs honteux contenus.

À force d’être confronté chaque jour, si ce n’est plusieurs fois par jour, à des publicités similaires, à un matraquage commercial, à une véritable guerre psychologique, nous pouvons développer des émotions virulentes et fortes vis-à-vis de ces spams, ou un désintérêt complet en les intégrant à notre quotidien, comme une nuisance comme les autres qui n’a plus d’affect.

L’impact n’est cependant pas négligeable, et si l’on ne peut à proprement parler de publicité neurchiste, on peut parler de la publicité sur Facebook, cadre évident desdits neurchis.

 

Nous pouvons aborder le sujet de la publicité interne aux neurchis, la mise en avant d’un neurchi sur un autre neurchi, d’ailleurs un neurchi y est spécialement dédié : Le Neurchi des Neurchis.

Sur ce neurchi spécifique, parler de neurchi n’est pas une publicité, car c’est le thème même, mais sur un autre neurchi, faire une promotion incessante par des tags redondant n’est pas une chose agréable.

Le tag d’un autre neurchi sous un post pour y inciter l’auteur à le poster également sur celui-ci, ou car le nom évoque la situation ou souligne quelque chose n’est pas réellement une publicité, plutôt un clin d’œil ou une surenchère, à ceci près qu’elle ne doit pas être redondante.

 

Sans vendre un produit, la promotion d’un groupe ou même d’une page peut lasser si employée à tout-vas, et si certains neurchis y voient là le seul moyen d’attirer des membres, technique qui a le mérite de fonctionner aux débuts, si la cohérence entre le post et le neurchi cité n’est pas respectée le commentaire est alors indésirable.

 

Doit-on alors exclure toute publicité de nos neurchis ? Une bonne publicité est une publicité qui, a contrario de ce dont nous sommes confrontés quotidiennement, ne nous contraint pas en s’imposant à nous, ni ne nous harasse et dont le contenu est approprié.

Si aujourd’hui les membres nés dans les années 80 se souviennent de Mercurochrome, le pansement des héros, les membres nés plus récemment se souviendront probablement de ces irritantes publicités d’HeroWars ou de Raid Shadow Legends avec leurs variantes insupportables. La technique fonctionne, forcément, mais non sans peine vis-à-vis de l’utilisateur.

Vous avez un produit à vendre, en rapport avec un neurchi ? Un post approuvé par les modadmins bien calé et sans répétition démentielle fera parfaitement l’affaire, sans avoir recours aux techniques guerrières des commerciaux actuels.

 

La surenchère est le vice du grossier, la simplicité est l’apanage du sage.

Par Simon Patigny

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